A PROPOS
Mon parcours
Artiste autodidacte au parcours sinueux, j’ai grandi dans les années 70 à La Paz, en Bolivie, au croisement des mythes andins, de la religiosité catholique, de la modernité et d’un esprit révolutionnaire omniprésent. Ce terreau contrasté a façonné mon regard et nourri une sensibilité attentive aux symboles, aux récits et aux forces invisibles qui traversent les sociétés.
Après des études d’arts graphiques à l’ESAG Penninghen à Paris, j’ai travaillé comme peintre avant de me tourner vers le théâtre de masques, créant des spectacles dédiés au dialogue des cultures en Amérique du Sud, en Europe et en Afrique du Nord. Dans les années 2000, mon engagement dans la révolution populaire menée par les mouvements sociaux et indigènes en Bolivie a profondément marqué ma réflexion sur l’art comme espace de transformation et de conscience.
En 2015, j’ai repris la peinture tout en étudiant la philosophie à l’UMSA à La Paz. Depuis 2020, installé près de Figeac dans le Lot, je poursuis mon travail dans un atelier familial où se croisent peinture, écriture et projets de transmission. Ce retour à la campagne m’offre un espace de calme et de profondeur, propice à une recherche artistique plus personnelle et plus ouverte.
Ma démarche
Ma démarche se déploie à l’intersection du réel, du mythe et de l’inconscient. Inspiré par le réalisme magique sud‑américain, j’explore une poétique de l’image où les symboles les figures archétypales et les allégories colorées deviennent des outls pour interroger notre rapport au monde.
Mes œuvres cherchent à révéler ce qui affleure derrière le visible : les forces qui structurent l’expérience humaine — nature, sacré, amour, enfance, vie et mort. Je conçois l’art comme un espace de sens, capable de transformer nos peurs et de réactiver une dimension symbolique fragilisée par les crises contemporaines.
L’objet d’art demeure pour moi un lieu de contemplation et de transmission. Les symboles qui traversent mes images ne forment pas un système clos : ils circulent librement, composant un langage ouvert que le spectateur est invité à habiter. L’œuvre propose une énigme plutôt qu’un message, et chacun peut y construire son propre récit intérieur.
Ma démarche s’inscrit dans un dialogue avec la peinture classique, moderne et contemporaine. J’accueille les innovations formelles, mais je reste attaché à la présence sensible de l’objet, à sa capacité à porter des récits, des ambiguïtés et des résonances intimes.
Ma pratique
Ma pratique repose sur un équilibre entre intuition et maîtrise. Je peins souvent sans dessin préparatoire : l’image apparaît progressivement, guidée par associations, analogies et résonances. Mes sources d’inspiration sont multiples — images, textes, rêves, souvenirs, scènes fugitives — et nourrissent un travail où l’inconscient joue un rôle central.
Au fil des années, j’ai exploré une grande diversité de formats et de techniques : dessin, collage, huile, acrylique, techniques mixtes sur papier, toile ou bois. Cette pluralité a construit mon langage plastique et accompagné une évolution vers une peinture plus précise, plus artisanale.
Aujourd’hui, j’utilise principalement l’aquarelle et la gouache, souvent associées à d’autres médiums. Ces techniques me permettent de conjuguer spontanéité et rigueur, de créer des œuvres originales, des illustrations et des maquettes pour des projets plus vastes, notamment des éditions de poésie illustrée.
Cette étape n’est qu’un moment dans un processus continu. Je prévois de revenir à de grands formats, à la toile et au bois, et de poursuivre l’exploration de médiums traditionnels comme l’huile ou la tempera. Mon travail n’est pas une succession de ruptures : chaque période nourrit la suivante, et mes recherches anciennes demeurent une ressource vivante pour les évolutions à venir.
Poétosophie
Je reste profondément attaché à l’objet d’art traditionnel, à sa présence, à sa matérialité. Mais je mesure aussi l’impact immense des technologies numériques sur notre manière de créer, de partager et de regarder les œuvres. Depuis Benjamin, on sait que la reproduction technique transforme l’aura de l’art : elle la déplace, l’étire, la réinvente.
Aujourd’hui, avec Internet, les réseaux et l’intelligence artificielle, les images circulent, se transforment, se réapproprient. Elles se mêlent au texte, au son, aux corps, au paysage. Elles entrent dans des installations, des performances, des espaces hybrides. Les frontières entre les disciplines deviennent plus souples, plus ouvertes.
Pourtant, l’œuvre originale ne perd rien de sa force. Au contraire : son aura se diffuse, se ramifie, gagne en profondeur. Elle devient un point d’origine, un cœur battant dont les prolongements numériques sont autant de chemins vers de nouveaux publics, de nouvelles expériences.
Dans mon parcours, j’ai toujours navigué entre peinture, théâtre, philosophie et poésie. Les outils numériques me permettent aujourd’hui de réunir ces dimensions, de les faire dialoguer, de prolonger l’œuvre au-delà de son cadre matériel. Mon site, mes réseaux, mes supports digitaux ne sont pas seulement des vitrines : ce sont des espaces de création, des lieux où la recherche continue, où la pensée se déploie, où la poésie circule autrement.
J’appelle Poétosophie cet espace de rencontre entre la création et la réflexion, entre l’image et le texte, entre l’œuvre et ses prolongements numériques. C’est là que mon travail se construit : dans ce mouvement qui relie le geste, le sens, et les formes nouvelles que permettent les technologies.